Catalogue des livres défendus par la commission impériale et royale jusqu'à l'année 1786.
Détails
| Producers, publishers: | [Bruxelles] Bruxelles. M.DCC.LXXXVIII |
| Place of creation of the original object: | Bruxelles (Belgique) |
| First publication of the original object: | 1788 18th century Modern times (1492-1789) |
| Original object location: | Réseau des Bibliothèques |
| Réseau des Bibliothèques: | Identifier: 990006495790502321 Barcode/Inventory no.: 709800316 Call number: R04814B |
| Original object language: | French |
| Material, support of the original object: | Papier |
| Physical description of the represented object: | 2 pages non numérotées, 91 pages, 1 page blanche ; 23 cm |
| Description: | Source d'acquisition : R04814B Legs Baron A. Wittert 1903 |
| Other contributors: | Wittert, Adrien (1823-1903) (donators) |
| Part of: | Public domain |
| Permalink: | https://hdl.handle.net/2268.1/14452 |
Scientific presentation
À la fin du règne de Joseph II, dans un contexte de fortes tensions politiques et face au flot incessant de publications pamphlétaires dirigées contre les réformes et les maladresses du pouvoir, les édits de censure deviennent de plus en plus restrictifs. Ce durcissement contraste avec le début du règne, en 1782, qui avait été marqué par l’adoption de lois particulièrement permissives.
Dans ce contexte de reprise en main, parmi les nombreuses mesures prises pour encadrer le marché du livre, il fut notamment décidé d’établir un Catalogue des livres défendus par la Commission impériale et royale jusqu’à l’année 1786. Ce petit volume de 91 pages est publié en 1788, de manière anonyme, par l’imprimeur bruxellois Emmanuel Flon. Il est destiné aux agents du gouvernement et accompagne une circulaire du 12 avril 1788 qui explicite les mesures à prendre en matière de police du livre. Il ne se retrouva donc pas dans le commerce, ce qui explique, aujourd’hui, sa relative rareté.
Le catalogue recense 1 153 titres prohibés : 549 en allemand, 497 en français, 58 en latin, 29 en anglais, 19 en italien et 5 en néerlandais. Une note en fin de volume précise que "les livres marqués d’un astérisque sont ceux auxquels il convient de faire plus particulièrement attention, pour en arrêter le débit, en les retirant des ventes et des magasins, où ils pourroitent se trouver". Seuls quarante-quatre d’entre eux sont signalés de la sorte, principalement des ouvrages de littérature érotique. S’y côtoient des titres anonymes, comme L’Anti-Thérèse ou Le Putanisme d’Amsterdam, ainsi que des œuvres signées par des auteurs tels que Théveneau de Morande, Caylus, l’abbé Jouffreau de Lazarie, Hugues d’Hancarville, et même Voltaire avec La Pucelle d’Orléans. À ces textes s’ajoutent quelques écrits philosophiques frappés d’une interdiction aussi sévère, tels que L’Antiquité dévoilée de d’Holbach et De l’esprit d’Helvétius ; de même, dans le domaine politique, figurent entre autres L’Art d’assassiner les rois et Des lettres de cachet de Mirabeau.
Dans la foulée paraît également un Catalogue des pièces qu’il est permis de représenter sur les théâtres des Pays-Bas autrichiens jusqu’à ce jour, 12 avril 1788, qui autorise notamment des œuvres de Corneille, Crébillon, Molière ainsi que Voltaire. En revanche, parmi les pièces interdites figurent Bérénice de Racine, Mustapha et Zéangir de Chamfort ou encore Pyrrhus de Crébillon.
Ces deux catalogues, en apparence singuliers, témoignent en réalité d’un pouvoir pressé d’agir face à un mécontentement qu’il peine à contenir. Malgré ses tentatives pour endiguer la circulation des idées, l’État habsbourgeois fut finalement emporté par la dynamique qu’il avait lui-même contribué à engendrer.

Renaud Adam
Attaché
- Vercruysse, J., "La débâcle de la censure dans les Pays-Bas autrichiens : le catalogue des livres défendus de 1788", in Benítez, M., et al. (éds), Materia actuosa : antiquité, âge classique, lumières : mélanges en l'honneur d'Olivier Bloch, Paris, Honoré Champion, 2000, p. 669-682.
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