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Author(s), creator(s), collaborator(s) : Straet, Jan van der [STRADANUS]
Type of the represented object : Print (visual works)

Détails
Original object location: Musée Wittert
Author(s), creator(s), collaborator(s): Straet, Jan van der [STRADANUS] (1523-1605) (inventor)
Editor: Jan Galle
First publication of the original object: après 1636
17th century
Modern times (1492-1789)
Place of creation of the original object: Anvers (Belgique)
Identifiant(s): Numéro d'inventaire : 11773
Abstract: Straet, Jan van der (d'après), Nova reperta, Anvers, Jan Galle, après 1636, suite de 20 planches.
Material, support of the original object : Burin
Dimensions, weight or duration: 22,3 x 28,4 cm
CREF classification(s): Arts
Classification(s): Arts & humanities => Art & art history
Original object linked resource: STRAET Jan van der (d'après), Nova reperta, Anvers, Jan Galle, après 1636, suite de 20 planches
Part of: Public domain
Permalink: http://hdl.handle.net/2268.1/4807

img.png
11773.jpg
Description:
Size: 525.61 kB
Format: JPEG
Access type:: Open Access
Scientific presentation

Edités à Anvers vers 1590 par Philips Galle (1537-1612), d’après des dessins de Jan van der Straet dit Stradanus (1523-1605), les Nova Reperta se présentent sous la forme de vingt gravures au burin, illustrant les grandes découvertes qui contribuèrent à faire entrer l’Europe dans l’ère moderne et à façonner la culture du XVIe siècle. L’invention de la boussole, celle de la poudre à canon et des lunettes côtoient l’identification par Amerigo Vespucci du continent qui porte aujourd’hui encore son nom, la mise au point d’un remède contre la « lèpre vénérienne » (syphilis) ou encore le perfectionnement de la peinture à l’huile. Ainsi, le terme latin repertorum, tel qu’employé dans le titre de l’ouvrage, recouvre aussi bien des innovations techniques, matérielles ou médicales que des découvertes territoriales.

Pensée comme une véritable table des matières illustrée, la page de titre rappelle que les Nova Reperta furent initialement conçus comme une suite de dix gravures, auxquelles dix planches supplémentaires vinrent rapidement s’adjoindre, avec une attention privilégiée accordée à la découverte de l’Amérique. Un parallèle thématique est d’ailleurs possible avec l’Americae Retectio¸ autre série éditée par Philips Galle d’après des dessins de Stradanus, mettant en scène les découvertes de Magellan, Colomb et Vespucci. L’ensemble se structure autour de quatre thèmes principaux qui, plus largement, célèbrent le triomphe de l’homo faber dans sa conquête des éléments, du temps et de l’espace :

  1. Découverte de l’Amérique : Vespucci redécouvre l’Amérique (1), la boussole (2), le remède contre la lèpre vénérienne (6), le calcul des longitudes (16) et l’astrolabe (18).
  2. Conquête de la matière et du mouvement : la poudre à canon (3), l’horlogerie (5), la distillation (7), le harnachement des chevaux (9), le moulin à eau (10), le moulin à vent (11) et le polissage des armures (17).
  3. Rationalisation de l’agriculture : l’élevage des vers à soie (8), l’huile d’olive (12), le sucre de canne (13).
  4. Mécanisation des mots et des images : l’imprimerie (4), la peinture à l’huile (14), les lunettes (15), la gravure sur cuivre (19).

La collaboration de Philips Galle et de Stradanus autour d’un même projet éditorial est antérieure aux Nova Reperta et remonte à 1574. À l’époque, les deux hommes ne se connaissaient pourtant que de nom et ne s’étaient jamais personnellement rencontrés, à moins que Philips Galle ne se soit rendu en Italie, comme d’aucuns l’ont avancé, à vrai dire sans argument probant. En revanche, il ne fait aucun doute que Stradanus ait profité de son séjour au nord des Alpes en 1576-78, dans la suite de Don Juan d’Autriche, envoyé par Philippe II comme gouverneur aux Pays-Bas, pour consolider ses relations personnelles et professionnelles avec l’éditeur anversois. Tous deux restèrent en contact après le retour de Stradanus en Italie ; modèles et esquisses préparatoires traversaient régulièrement les Alpes, circulant entre Anvers et Florence.

Stradanus dédia les Nova Reperta au poète florentin Luigi di Pier Alamanni (1558-1603), membre de l’Accademia della Crusca. De 1587 jusqu’à sa mort en 1603, Alamanni entretint d’étroits contacts avec Stradanus, à qui il commanda plusieurs œuvres, parmi lesquelles une série de dessins de la Divine Comédie de Dante, une suite illustrant l’Odyssée d’Homère ainsi que plusieurs gravures dépeignant différentes formes de chasse. Plus qu’un simple dédicataire, Luigi Alamanni fut le premier responsable du programme iconographique des Nova Reperta. Plusieurs dessins préparatoires sous la forme d’esquisses, fixant rapidement la composition, aujourd’hui conservées au Cooper Hewitt Museum , et de modelli plus détaillés et aux contours plus soignés, désormais dispersés entre Brunswick, Florence, New York, Stockholm et Windsor Castle, permettent de suivre avec assez bien de précision les étapes du processus créatif. Ils font clairement apparaître l’implication personnelle et le rôle prépondérant de l’homme de lettres florentin dans la conception du projet. Une inscription autographe lisible au revers de l’une des feuilles préparatoires (Distillare … Artiglieria … Lo stampare) suggère qu’il fut à l’origine de certains sujets. Plusieurs autres annotations de sa main au revers d’esquisses échangées entre l’artiste et l’éditeur confirment son rôle d’auctor intellectualis et attestent de son suivi attentif tout au long de la réalisation de l’ensemble. Peut-être cette implication du Florentin dans l’élaboration du programme iconographique explique-t-elle d’ailleurs l’introduction de thèmes toscans, à l’instar de la presse à olives, présentée au rang des grandes découvertes, alors que son usage était pourtant déjà connu au Moyen Âge. En outre, il n’est pas impensable que Luigi Alamanni s’investit financièrement dans ce qui se révélait alors une entreprise coûteuse.

Assurément, les Nova Reperta sont le fruit d’une collaboration active entre un érudit, un artiste et un éditeur. Mais il est également vrai que d’autres acteurs prirent part au projet. Ainsi, nous sont parvenus les noms de deux des graveurs en charge de transférer les compositions de Stradanus sur cuivre : Theodoor Galle, fils de Philips, à qui l’on doit Vespucci redécouvre l’Amérique, et Jan Collaert dont le nom figure sur trois gravures (15, 17, 18) et à qui l’on attribue encore trois autres planches (2, 12, 16). Les autres graveurs demeurent dans l’anonymat.

Jouissant d’une grande popularité à l’époque, les Nova Reperta firent l’objet de plusieurs éditions, par Philips Galle d’abord, puis par Karel de Mallery, par Theodoor Galle, et par Jan Galle ensuite. Les dix-sept gravures conservées au Musée Wittert – seules trois font défaut (6, 12, 14) – correspondent à une réédition de Jan Galle, postérieure à 1636, comme le prouve la mention Ioan Galle excud. qui se substitua à celle de Phls excud.


Transitions

Gaylen Vankan
Doctorant en Histoire de l’art et archéologie

Cette présentation a été réalisée dans le cadre de la collection "Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège", développée par l'Unité de Recherche Transitions .


Citer cette présentation :
Vankan G., « Nova Reperta, gravures au burin, 219 x 280 mm, d’après des dessins de Jan van der Straet dit Stradanus, éd. Anvers, Jan Galle, après 1636 (Liège, Musée Wittert, inv. 11773-11789) », in Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège, avril 2019. http://hdl.handle.net/2268.1/4807
Bibliographie :

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