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Des. Erasmi Roterodami in novum Testamentum ab eodem denuo recognitum, annotationes, ingenti nuper accessione per autorem locupletatae.

Author(s), creator(s), collaborator(s) : Érasme
Type of the represented object : Book

Détails
Original object location: Réseau des Bibliothèques
Author(s), creator(s), collaborator(s): Érasme (1469-1536) (author)
Editor: Basileae : apud Ioannem Frobenium
First publication of the original object: 1519
16th century
Modern times (1492-1789)
Place of creation of the original object: Bâle (Suisse)
Identifiant(s): R80D (cote ULiège)
700307886 (code-barres ULiège)
Original object language: Latin
Description: Signatures : 2a⁴ a-z⁶ A-Z⁶ 2A-2B⁸

Empreinte: utu- erst i-i- cire (3) 1519 (R) (exemplaire ULg)
Material, support of the original object : Papier
Dimensions, weight or duration: 35 cm
Physical description of the represented object : 8 pages non numérotées, 579 pages, 1 page non numérotée, 2°
Keyword: Bible -- Nouveau Testament -- Commentaire
CREF classification(s): Théologie
Classification(s): Arts & humanities => Religion & theology
Other contributor(s): Froben, Johann (1460?-1527) (printer-bookseller)
Part of: Public domain
Permalink: http://hdl.handle.net/2268.1/3959

pdf.png
R80D.pdf
Description:
Size: 246.36 MB
Format: Adobe PDF
Access type:: Open Access
Scientific presentation

Dans un bref article de 1940, Jean Hoyoux, alors jeune collaborateur de la Bibliothèque de l’Université, dont il deviendra le directeur, attire l’attention des chercheurs sur « deux Érasmes expurgés à Liège ». Il s’agit de deux éditions des Annotationes in Novum Testamentum, dont celle-ci – la deuxième de l’ouvrage – datée de Bâle, Froben , mars 1519. Son origine est donnée par une note manuscrite figurant sur le feuillet de garde : « Livre des Frères Croisiers de Liège que leur donna Maître Nicolas Nickman, chanoine de Saint-Materne de l’Église de Liège ». Le nom du donateur apparaît aussi en abrégé dans l’ex-libris figurant sur le même feuillet : « Livre de Maître Nicolas Nickman de Saint-Trond. Année 1520 ».

Ce « Maître Nicolas » en qui Jean Hoyoux voit aussi – à tort – le censeur de l’ouvrage sera rapidement identifié par Léon Halkin . Effectivement chanoine à la cathédrale, Nicolas perçoit les revenus de sa prébende de 1529 à 1534. À partir de 1515, il enseigne toutefois au collège des Jérômites, installé par Érard de la Marck, sur l’îlot Hochet, non loin du couvent des Croisiers, à l’emplacement actuel de la Bibliothèque centrale de l’Université. Maître Nicolas est un professeur réputé, tenu en haute estime par l’humaniste (et futur légat) Jérôme Aléandre, qui le recommande au prince-évêque comme précepteur de son neveu et qui, devenu cardinal, parle encore très élogieusement de lui en mars 1540. Le professeur se trouve alors à Rome, mais n’a, semble-t-il, quitté Liège qu’après janvier 1539. Quant à son édition érasmienne, il pourrait l’avoir cédée au couvent des Croisiers, en 1530, après la perquisition menée dans son collège par l’inquisiteur Thierry Hezius, qui y confisqua tous les livres d’Érasme détenus par les élèves et interdit leur lecture aux professeurs. Érasme en fut averti par ses amis de Liège et de Louvain. Thierry Hezius fut aussi à l’origine de l’édit général contre l’hérésie de 1545 qui contenait le premier index de livres prohibés à Liège.

Déduire de ces quelques informations que les deux Érasmes, propriété des Croisiers, furent censurés par leurs soins paraît pour le moins hasardeux, d’autant que Léon Halkin avoue n’avoir pas pu consulter l’autre volume (Bâle, Froben , 1542). J. Hoyoux, lui, a eu le livre entre les mains, mais il ne dit curieusement pas un mot de l’intéressante mention d’expurgation figurant sur sa page de titre. La date de ce visa de censure (1573) aurait dû l’alerter et l’inciter à consulter l’Index expurgatorius de 1571, seule référence officielle en matière d’expurgation à cette époque. Il aurait découvert que l’épuration des deux éditions avait été effectuée sur la base de cet Index expurgatoire, et que c’est le partage de la même source, et non pas une dépendance entre les deux exemplaires, qui explique les rares différences entre les « corrections » qui y sont faites. Il y en a pourtant quelques-unes, qui tiennent surtout au fait que trois éditions remaniées et augmentées par l’auteur virent encore le jour entre 1519 et 1542, faisant passer l’ouvrage de 550 à 785 pages.

L’état de cet exemplaire expurgé, mais toujours parfaitement lisible, est interpellant. Les passages censurés sont tout simplement biffés et/ou encadrés, avec dans les marges, en regard, le mot vacat (« manque »), répété à profusion. Ce mot, qui sert aux philologues à signaler une lacune dans un manuscrit, semble être utilisé ici par litote ou comme pour prévenir un contrôle éventuel. Preuve de bonne volonté ? Souci de conserver une version intacte ?… Peut-être, comme le suggère Roland Crahay, cet exemplaire était-il destiné à des théologiens reconnus...

Le travail d’épuration très soigné doit avoir été exécuté – sur ce point, je rejoins J. Hoyoux – par « un lettré lisant Érasme avec intérêt et non pas un salarié accomplissant sans goût une tâche qu’il ne comprend pas ». Un lettré qui n’est pas et ne peut pas être Nicolas Nickman, dont le nom n’apparaît plus, avec certitude, dans les documents après 1540, mais qui doit avoir été un lecteur attentif. En témoigne une addition de sa main, semble-t-il, sous la réclame de la p. 28, en rétablissement des mots que la négligence de l’imprimeur a fait sauter.


Transitions

Franz Bierlaire
Prof. émérite de l’ULiège

Cette présentation a été réalisée dans le cadre de la collection "Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège", développée par l'Unité de Recherche Transitions .


Citer cette présentation :
Bierlaire F., « Des. Erasmi Roterodami in novum Testamentum ab eodem denuo recognitum, annotationes, ingenti nuper accessione per autorem locupletatae, Bâle, Johann Froben, 1519, 2° (Liège, Bibliothèque de l'Université, R80D) », in Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège, décembre 2017. http://hdl.handle.net/2268.1/3959
Bibliographie :

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