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Des. Erasmi Rot. In Novum Testamentum Annotationes, ab ipso autore iam postremum sit recognitae ac loclupletatae ....

Author(s), creator(s), collaborator(s) : Érasme
Type of the represented object : Book

Détails
Original object location: Réseau des Bibliothèques
Author(s), creator(s), collaborator(s): Érasme (1469-1536) (author)
Editor: Basileae : in officina Frobeniana
First publication of the original object: 1542
16th century
Modern times (1492-1789)
Place of creation of the original object: Suisse - Bâle
Identifiant(s): Th1690 [f°] (cote ULiège)
709304539 (code-barres ULiège)
Original object language: Latin
Description: Marque d'appartenance : Collegij Societatis Jesu Leodii in insula
Material, support of the original object : Papier
Dimensions, weight or duration: 35 cm
Physical description of the represented object : [3 f.]-816 p.-[14 f.] p. : gravure sur page de titre, reliure plein veau montée sur ais de bois avecestampages à froid. Dos et plats restaurés ; 35 cm boîtier de protection
Keyword: Bible N.T. -- Ouvrages avant 1800; Humanisme
CREF classification(s): Théologie
Classification(s): Arts & humanities => Religion & theology
Part of: Public domain
Permalink: http://hdl.handle.net/2268.1/3575

pdf.png
TH1690.pdf
Description:
Size: 527.1 MB
Format: Adobe PDF
Access type:: Open Access
Scientific presentation

L’intérêt de ce volume – un des « Deux Érasmes expurgés à Liège » – a été révélé, dès 1940, par le jeune Jean Hoyoux, futur directeur de la Bibliothèque de l’Université. Complément indispensable, à ses yeux, de son Novum Testamentum, les Annotationes in Novum Testamentum d’Érasme ont connu cinq éditions, entre 1516 et 1535, qui ont vu l’ouvrage passer de 395 à 785 pages. Cette édition de 1542 est une réimpression du texte publié à Bâle, en 1540, dans les Opera omnia de l’humaniste. Auteur d’une toute nouvelle version de la Vulgate, avec le texte grec en regard, Érasme accompagne sa traduction d’un volume de notes, certaines courtes, d’autres très longues, qui touchent à l’exactitude du texte, expliquent le pourquoi des modifications et parfois exposent les réflexions que lui inspirent les versets annotés – sur la conduite des Chrétiens ou la vie de l’Église.

L’ex-libris est celui du Collège des Jésuites de Liège (Collegii Societatis Jesu Leodii), installé sur l’îlot Hochet (in Insula), à partir de 1582, en remplacement de celui des Jérômites (là où se trouve aujourd’hui la Bibliothèque centrale de l’Université). Au bas de la page de titre, un visa d’expurgation manuscrit: « Expurgé. Fait le 17 novembre 1573. Jacques Carlier, curé de Saint-Maurice, chargé de l’expurgation des livres ». La première des deux signatures est celle de l’expurgateur, dont je pense avoir retrouvé la trace à Lille : un certain Jacques Carlier, curé de la paroisse Saint-Maurice, s’y employait, en 1563, à « réduire à la vraie foi » des chrétiens obstinés ; il est encore mentionné comme curé de la même église, entre 1582-1588, dans les rares archives conservées du diocèse de Tournai (dont Lille faisait partie).

Dans sa brève présentation de cette édition, Jean Hoyoux ne dit curieusement pas un mot de cette mention d’expurgation. La date aurait pourtant dû l’inciter à comparer les nombreuses censures qui défigurent l’exemplaire avec les prescriptions de l’Index expurgatorius de 1571. Cet Index expurgatoire a, en effet, servi de base à une épuration rigoureuse : les passages « à supprimer » (deleatur) ont été rayés et souvent rendus illisibles, par divers moyens : traits de plume en croisillons et/ou ratures horizontales (p. 670), avec une encre parfois si corrosive qu’elle transperce le feuillet (p. 7-8), collage, souvent maladroit ou hâtif, de languettes ou de morceaux de papier d’imprimerie gâché (p. 537), encrage en noir, parfois de pages entières (p. 692) – peut-être même au moyen d’une espèce de spatule (p. 395). Les passages litigieux semblent avoir été d’abord caviardés, puis masqués par des bouts de papier, comme on peut le constater quand une bande a été décollée ou arrachée (par un lecteur curieux ?) (p. 485) ou quand le censeur a oublié un coupon entre deux feuillets (p.651). Peut-être la censure a-t-elle été effectuée en deux temps : le repérage du texte à éliminer, puis sa radiation plus ou moins radicale. L’expurgateur suit assez scrupuleusement les directives de l’Index expurgatoire, réparant, par ex., comme il lui est suggéré, les dégâts causés par les coupes demandées (p. 14) ou corrigeant à la plume un mot dérangeant (p. 420). En cas de coupes rapprochées à effectuer sur une même page, il lui arrive toutefois de « mêler le bon grain à l’ivraie », sous une généreuse couche d’encre noire (p. 729). Ces approximations semblent bien être « le fait d’un mercenaire distrait », comme l’écrit Roland Crahay – en tout cas d’un préposé peu soigneux et pressé de passer à autre chose – peut-être simplement à l’exemplaire suivant !

Pourquoi un censeur du diocèse de Tournai pour expurger un ouvrage d’une bibliothèque de l’évêché de Liège ? Il est fort probable que le Collège des Jésuites en Île, qui n’existait pas encore en 1573, reçut cet exemplaire déjà expurgé (Jacques Carlier ne dit pas où il a exécuté son travail !) après son installation, soit d’un autre collège jésuite soit d’un généreux donateur, un peu comme cette Paraphrase sur l’Epistle de Saint Paul aux Romains, traduite en 1526 par Messire Hubert Kerssan : l’ouvrage, aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Belgique, resta longtemps dans la famille du traducteur, un prêtre de Nivelles, puis, avant le milieu du XVIIe siècle, devint la propriété du Collège jésuite de Bruxelles, ainsi que l’indique un ex-libris manuscrit.


Transitions

Franz Bierlaire
Prof. Em. d’Histoire moderne

Cette présentation a été réalisée dans le cadre de la collection "Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège", développée par l'Unité de Recherche Transitions .


Citer cette présentation :
Bierlaire F., « Érasme, In Novum Testamentum Annotationes, Bâle, Hieronymus I Froben & Nikolaus I Episcopius,1542, 2° (Liège, Bibliothèque Alpha, Th1690 [f°]) », in Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège, octobre 2017. http://hdl.handle.net/2268.1/3575
Bibliographie :

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