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Informations

La passione del nostro Signore Iesu Christo

Author(s), creator(s), collaborator(s) : Cicerchia, Niccolò
Type of the represented object : Incunabula

Détails
Collection: Incunabula
Original object location: Réseau des Bibliothèques
Uniform title : Passione del nostro signore Gesu Cristo
Author(s), creator(s), collaborator(s): Cicerchia, Niccolò (author)
Editor: [Florence] : [Bartolommeo di Libri]
First publication of the original object: 1498
15th century
Modern times (1492-1789)
Place of creation of the original object: Florence (Italie)
Identifiant(s): XV.C111 (cote ULiège)
1731072-10 (code-barres ULiège)
Original object language: Italian
Description: Mention de publication prise à l'ISTC
2 col. de 36 lignes ; caractères romains.
Gravure sur bois
Signatures : a-b⁸
Provenance(s): Acquisition par l'Université de Liège : Legs Baron A. Wittert 1903
Empreinte: cece tace boro chex (C) 1498 (Q) (exemplaire ULiège)
Material, support of the original object : Papier
Physical description of the represented object : [16] feuillets : ill. ; in-4.
Keyword: Jésus-Christ -- Passion -- Ouvrages avant 1800
CREF classification(s): Théologie
Classification(s): Arts & humanities => Religion & theology
Original object linked resource: Polain(B) 3290
Organization that sponsored the digitization: Université de Liège - ULiège
Other contributor(s): Bartolomeo de' Libri (14..-151.) (printer-bookseller)
Part of: Public domain
Permalink: http://hdl.handle.net/2268.1/2581

pdf.png
XVC111.pdf
Description:
Size: 44.81 MB
Format: Adobe PDF
Access type:: Open Access
Scientific presentation

Comme l’indique le titre, repris sur la page initiale de l’incunable, La passione del nostro Signore Iesu Cristo – un poème italien en octaves d’hendécasyllabes rimés selon le schéma ABABABCC – narre en langue vulgaire les différents épisodes de la passion du Christ, de la trahison de Judas au retour de la Vierge dans sa demeure peu après avoir mis son fils au tombeau. Attribuée tantôt à Giovanni Boccaccio tantôt à Bernardo Pulci (auteur d’une autre “passion”), parmi d’autres écrivains moins renommés, la paternité du poème est aujourd’hui reconnue au siennois Niccolò di Mino Cicerchia. De fait, dans la tradition manuscrite, cette attribution est à la fois ancienne et péremptoire, sans être jamais démentie. L’une des mentions du nom de l’auteur, celle du ms. I.VI.II de la Biblioteca comunale degli Intronati de Sienne, se distingue des autres, dans la mesure où elle permet également de situer la rédaction du texte en 1364. Quant à l’auteur, on sait bien peu de choses à son propos : né à Sienne dans les années 1335-1340, il fut membre de la Compagnia dei Disciplinati della Madonna et au service de Sainte Catherine Benincasa, qu’il accompagna en ambassade en Avignon en 1376. Il est en outre l’auteur de deux poèmes religieux amplement diffusés, la Passione et la Resurrezione, deux œuvres unies par leur thème, leurs sources (les Évangiles, probablement lus par Cicerchia dans la Vulgate ou dans le Diatessaron toscan, les Meditationes vitae Christi et la Gesta Pilati, et un plus ample répertoire pour le lamento de la Vierge), un ton et une langue populaires, en sus d’un goût prononcé pour les procédés stylistiques visant à l’expressionisme. En effet, ce qui caractérise le plus cette Passio Christi vulgaire, outre le « profond sens religieux » qui s’en dégage, est assurément la vivacité de l’expression, fondée sur des sentiments théâtralisés et une forte dimension orale des vers. Les personnages mis en scène – Marie, Marie-Madeleine, les apôtres et le Christ lui-même –, touchés par la douleur et la tristesse – des émotions auxquelles ils donnent libre cours en moult lamentations, larmes et pleurs –, révèlent, dans l’œuvre, toute leur humanité et leur vulnérabilité.

Les nombreuses copies manuscrites qui nous sont parvenues – en 1968 Varanini en recensait une soixantaine tandis qu’Andreose, en dénombrait 71 en 2014 – et la dizaine d’impressions ayant vu le jour à partir de 1480 attestent du succès immédiat et durable de l’œuvre, pensée pour « la dévotion et la méditation pieuse » en contexte privé ou dans les cercles restreints de communautés religieuses. Balduino est d’ailleurs peu enclin à considérer les poèmes de Cicerchia comme de véritables cantari, ces récits en vers voués à une déclamation publique. Au croisement entre narration et dévotion, Passione et Resurrezione auraient plutôt été destinées, selon Trolli, à un usage pratique, de « consommation quotidienne », ce qui explique qu’elles furent vite soumises à des interpolations, contaminations et autres adaptations.

L’exemplaire considéré est entré dans les collections universitaires liégeoises en 1903, à la faveur d’un legs du baron Adrien Wittert, qui l’avait lui-même acquis, bien que n’ayant pas été immédiatement séduit par l’objet, en 1880 auprès de l’antiquaire berlinois Albert Cohn (« je regrette de vous voir si mécontent du petit volume italien », écrit Cohn au baron, dans un billet glissé dans l’ouvrage et dont l’en-tête inaugure l’objet numérisé). Il s’agit bel et bien d’un petit volume, par ailleurs endommagé et lacunaire ; un in-4° déjà restauré quand Cohn en prit possession et dont la fin manque puisque le texte qui y est présenté débute par le vers “O increata maiestà di dio”, orné d’une lettrine initiale, pour s’interrompre à la moitié de la deux cent trente-troisième octave, lorsque Jésus est descendu de la Croix (“De piedi el chiovo trasson con gran pena / con gran sospiri & dolorosi pianti / su per la scala salia Magdalena / con grande strida agiunse a’ piedi sancti [...]”). Il comporte, dès lors, une différence de près de cinquante strophes par rapport aux éditions modernes.

L’incunable, dans lequel les vers sont organisés en deux colonnes pour environ 9 strophes par page, est par contre assez rare (« on ne connait pas d’autre exemplaire », « ce livre n’a jamais été décrit et […] n’existe dans aucun dépôt public », souligne Cohn, justifiant ainsi les 115 Mark demandés à Wittert). Il se distingue également par la présence de douze gravures sur bois encadrées de motifs graphiques – dont certaines occupent jusqu’à une demi-page. Celles-ci représentent les épisodes les plus marquants du récit : l’arrivée du Christ à Jérusalem, la cène, la visite de l’ange au jardin de Gethsémani, le baiser de Judas, la flagellation, Jésus devant Pilate, la punition des soldats suivie de la pose de la couronne d’épines, la condamnation, le port de la Croix et enfin la crucifixion. On notera toutefois que deux de ces illustrations (Pilate et le baiser) se répètent, réduisant le nombre des images originales à 10.

Bien qu’elle ne comporte aucune indication au sujet du lieu, de la date ou du responsable de l’impression pour le confirmer, il s’agit vraisemblablement d’une édition florentine sortie des presses de Bartolomeo de’ Libri en 1498, soit près de cinq ans après la première impression de l’œuvre à Florence, dans l’imprimerie du monastère de San Jacopo a Ripoli.


Transitions

Hélène Miesse
Chercheuse post-doc EpistolART

Cette présentation a été réalisée dans le cadre de la collection "Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège", développée par l'Unité de Recherche Transitions .


Citer cette présentation :
Miesse H., « Niccolò Cicerchia, La passione del nostro Signore Iesu Cristo, Florence, Bartolomeo de’ Libri, 1498, 4° (Liège, Bibliothèque Alpha, XV.C111) », in Arm@rium Universitatis Leodiensis. La bibliothèque virtuelle du Moyen Âge et de la première Modernité de l’Université de Liège, décembre 2018. http://hdl.handle.net/2268.1/2581
Bibliographie :
  • ISTC ic00497700
  • Cantari religiosi senesi del Trecento. Neri Pagliaresi, Fra Felice Tancredi di Massa, Niccolò Cicerchia, éd. par G. VARANINI, Bari, Laterza, 1965, p. 307-379 et 537-608.
  • Cantari del Trecento , éd. par A. BALDUINO, Milan, Sansoni, 1970.
  • Stoppelli P., « Cicerchia, Niccolò », dans Dizionario Biografico degli Italiani , t. 25, Rome, Istituto della Enciclopedia Treccani, 1981, p. 380-381.
  • Trolli D., « Un nuovo testimone della Passione di Niccolò Cicerchia (e riflessioni sul testo) », dans Cultura neolatina , LIX/3-4 (1999), pp. 245-262.
  • Andreose A., « Passione  », dans Ciociola C. (dir.), TLIon. Tradizione della letteratura italiana online, [en ligne] (Page consultée le 27/11/2018).

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